FIFO 2019 : Nuit de la Fiction : un voyage dans l’univers océanien

C’est une tradition depuis désormais dix ans… Samedi 2 février, la Nuit de la Fiction a ouvert le FIFO qui va se dérouler jusqu’au 10 février. Une soirée OFF où le spectateur a voyagé dans l’univers de la fiction océanienne, et à l’issue de laquelle le public pouvait voter pour son meilleur film.

 

Pas un strapontin de libre. Des chaises installées entre les couloirs de la salle. Samedi soir, le Grand Théâtre de la Maison de la Culture a fait carton plein. Plus de 750 spectateurs ont assisté à la 10e édition de la Nuit de la Fiction. Depuis sa création en 2009, cette soirée OFF du Fifo connaît un succès grandissant. Tepora Redouté, 70 ans, est une habituée du festival. La septuagénaire vient presque tous les ans. « J’aime beaucoup ces soirées car je découvre d’autres pays et d’autres peuples. C’est comme si je voyageais ». Tepora a été particulièrement émue par le film de Nouvelle-Calédonie, Blessures. En une quinzaine de minutes, il raconte  l’histoire kanak du Grand Kaori, celles des planteurs de graines qui plantent l’arbre et donnent vie à des enfants, ses gardiens. En substance, le film pose cette question : l’intrusion des coupeurs de bois peut-elle mettre fin à cela ? « La transmission est très importante dans ce film, confie Tepora, Il faut que ce genre de film soit diffusé au FIFO pour ne pas oublier le passé. Car c’est le passé qui nous aide à avancer ».

 

Se reconnecter

Samedi soir, au Grand Théâtre, il a beaucoup été question de transmission… Transmission des traditions, de la culture, de l’amour de la terre, des anciens vers les plus jeunes. Les films calédoniens L’arbre et la pirogue et australien Undiscovered country ont été les plus édifiants à ce titre. Ils racontent l’histoire de jeunes en perdition, emprisonnés dans l’alcool et la drogue. Loin, très loin de leur culture. Ils racontent aussi comment les plus anciens tentent de les ramener vers leur identité et leur terre. Ces deux courts-métrages ont reçu un torrent d’applaudissements… « J’ai été bouleversée par « Undiscovered country », explique Estelle, 22 ans, à la sortie de la projection. C’est essentiel qu’il y ait des films traitant de ces sujets car ils nous rappellent que la nature et la famille sont des choses importantes dans la vie ». Pour Coralie et Madeleine, arrivées en Polynésie française il y a seulement trois mois, ces courts-métrages leur ont permis de  voyager dans l’Océanie mais aussi et surtout de découvrir les réflexions des peuples océaniens. « Un certain nombre de films questionnaient sur les liens entre les fratries. Cela donne à réfléchir ».

 

Garder le lien

Entre émotions et rires, les films Meke, Baby steps ou encore Possum ont marqué l’esprit des spectateurs. Ils racontent tous à leur manière, et avec une forme originale, la relation entre des frères ou entre un père et son fils. Possum, film néo-zélandais, reste certainement celui qui a rencontré le plus de succès. « Il était très beau. J’ai vraiment été émue par l’histoire de ce grand frère qui pense protéger son frère mais finalement l’inverse se passe« , confie Isabelle, 42 ans, qui participait à sa première Nuit de la Fiction. Une belle découverte pour cette quadragénaire qui compte bien profiter du FIFO. Noelanie, elle, a apprécié le message d’amour. « Ce sont des valeurs fortes qu’il est indispensable de transmettre aux jeunes générations. Ce film avait aussi une vraie qualité de mise en scène. » Un avis que rejoint Fred. « On sent qu’il y a un gros travail au niveau de la qualité de l’image, cela permet de mieux faire ressortir les émotions ». Des messages forts, un échange de valeurs, des images bouleversantes… Le FIFO 2019 a bien commencé !

 

FIFO – Suliane Favennec