Matari’i i raro correspond, dans le calendrier traditionnel polynésien, à la disparition des Pléiades du ciel nocturne, aux alentours du mois de mai. Cette phase marque l’ouverture d’un cycle saisonnier plus large, qui se prolonge avec Matariʻi i niʻa, célébré au mois de novembre, lorsque la réapparition des Pléiades annonce le retour progressif de l’abondance.
Ce phénomène marque le début d’un nouveau cycle : celui du retrait, de l’introspection et de la sobriété. Contrairement à Matari’i i ni’a, période d’abondance et de célébration, Matari’i i raro invite à ralentir, à observer et à préserver.
Cette saison est traditionnellement associée à une diminution des ressources naturelles, incitant les populations à adapter leurs pratiques : limitation des prélèvements, attention portée aux équilibres naturels, et transmission des savoirs essentiels.
Dans la pensée polynésienne, le temps est cyclique et profondément lié aux mouvements du ciel. Matari’i i raro s’inscrit dans cette dynamique comme un temps nécessaire, complémentaire à celui de l’abondance.
C’est une période de retour à l’essentiel, où l’humain se reconnecte à son environnement, à ses ancêtres et à lui-même. Aujourd’hui, Matari’i i raro est vécu comme un moment de réflexion collective, mettant en lumière des valeurs de respect, de transmission et de durabilité.
Le thème retenu pour cette édition, FA’A’Ī — remplir — traduit symboliquement cette dynamique : remplir la tête, le corps et l’esprit de connaissances, d’expériences et de sagesse.