Ecrire l’image : l’atelier scénario d’Emmanuelle Gronvold

Lieu d’échanges et de rencontres pour le public et les professionnels de l’audiovisuel, le FIFO est aussi un espace d’apprentissage. L’atelier scénario proposé cette année est animé par Emmanuelle Gronvold, scénariste talentueuse qui a d’ores et déjà commencé à guider les participants dans le vaste univers de l’écriture audiovisuelle.

 4acriture

Partager de bons conseils, illustrer des techniques, accompagner le désir d’écrire une histoire destinée à être mise en image, voici les credo de cet atelier pour lequel une poignée de professionnels et d’amateurs des mots et du stylo sont venus noircir du papier. Aujourd’hui, ils étaient près 25, avec des profils et des parcours très différents, à avoir rejoint cet atelier d’écriture proposé par Emmanuelle Gronvold. Ils n’ont pas les mêmes motivations mais tous le même projet : écrire. Un court-métrage, un documentaire, une émission, pour leur plaisir, pour leur travail… A terme, ils devront expliquer leur démarche et confronter leurs écrits au regard d’autres personnes, sans jamais perdre de vue l’essentiel : « le scénario paraît être un monde à lui-même mais c’est un travail collectif. Il est le support de tout un tas d’autres corps de métiers et d’expressions, avertit Emmanuelle Gronvold. Il faut admettre que son scénario soit offert à d’autres sensibilités, accepter de le reprendre et de le modifier au gré des impératifs de production et/ou des souhaits du réalisateur pour qu’il devienne, finalement, autonome du scénariste. » Ce premier atelier a permis à tous les participants de découvrir les méthodes prévalant à l’écriture de scénario, mais aussi les pièges les plus courants à éviter. Car si le fond de l’histoire est le principal, celle-ci n’est valable qu’avec une mise en forme : « dans un scénario, il ne faut jamais parler technique – mouvements de caméras par exemple -, car votre histoire doit être racontée de manière si limpide que la technique ira de soi. Il en va de même de la description des sentiments : ils doivent se ressentir et non s’écrire ». L’enjeu de cet atelier est avant tout d’aider les apprentis scénaristes à construire leurs idées, ses enjeux, à inventer ses personnages en apprenant entre autres à placer correctement ses « acmés », apogées des actions. Pitch, traitement, format, structure de la narration, cette première mise en bouche a véritablement apporté toutes les clés pour commencer son projet scénario !

 

Parole à Emmanuelle Gronvold

 

Vous avez l’habitude d’animer ce genre d’atelier ?

Je le fais à Paris mais avec beaucoup moins de participants et pour des projets en bout de fabrication. Là, l’expérience n’est pas la même car il y a plus de monde, chacun avec des profils et des projets très différents. J’aimerais pour autant réussir à donner envie à tous de bien construire sa trajectoire. Le public cherche des clés pragmatiques, mais il faut consolider dès le départ le principal de l’écriture scénaristique.

Ecrire un scénario demande une technique particulière…

Pour ma part, j’écris mon histoire au départ sans contrainte. Je lui impose la forme scénaristique ensuite.

Construire une histoire pour le cinéma fait appel à tellement de détails et de subtilités, quelles sont vos sources d’inspiration ?

C’est un long travail qui opère petit à petit. Je me nourris tout simplement du quotidien, dans l’observation. Il faut aimer les autres, avoir de l’imagination et se laisser habiter par son histoire.

Quel est le secret d’un bon scénario ?

L’émotion, l’authenticité. C’est l’implication émotionnelle du scénariste qui donnera l’impulsion au film.

Votre sentiment après ces quelques jours passés à Tahiti ?

Je suis forcément sous le charme de cette culture portée sur les sens, dans tous les sens du terme. Je ressens également une spiritualité forte, un contact concret et créatif. Et je me laisse totalement porter par l’ambiance de ce FIFO ! 

 

 

I.B