Débat citoyen : « Les stratégies océaniennes des numériques, objectifs partagés par tous ? »

Les quatrièmes rencontres numériques du FIFO sont placées sous le thème général du temps des citoyens numériques, ce que rappellera Marcel Desvergne à un moment du débat.

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Le débat de la matinée du 7 février, consacré aux stratégies océaniennes des numériques, est introduit par de courtes présentations faites par les invités intervenants : Anthony Géros, Vice-président du Pays, en charge de l’économie numérique, Charlotte Ullmann qui intervient en visioconférence depuis Nouméa, Guillaume Proia de l’association OPEN, Sylvain Rousselle, secrétaire général adjoint du Haut-commissaire également administrateur des Australes pour l’Etat.

 

L’idée générale qui se dégage de ces interventions concerne surtout la rapidité et la mondialisation de l’évolution technologique. Le haut débit est arrivé sur la Nouvelle-Calédonie en 2008 et à Tahiti en 2011. Les flux importants qu’il offre est à la fois une opportunité et une menace. En Polynésie française, la situation se complexifie avec la position des archipels dits éloignés qui ne bénéficient pas encore de ce haut débit. Des stratégies doivent être élaborées. Des partenariats sont souhaités entre Pays, Etat et partenaires privés.

 

Dans le temps du débat, la question de la sécurité, et même, dirait-on, des sécurités, au niveau d’une collectivité et aussi à chaque niveau individuel, se pose. C’est au gouvernement de s’organiser pour garantir une protection d’ensemble aux systèmes et à leurs utilisateurs. Le Vice-président assure que les dispositions sont prises et qu’une veille constante est établie pour prémunir la Polynésie française. En Calédonie comme ici, les pouvoirs publics s’organisent et se dotent des outils, des structures, permettant de garantir cette sécurité. Michel Paoletti souligne une évidence qu’il est bon de se remémorer : le fait de ne disposer que d’un seul câble nous met en position de vulnérabilité. Il faut déjà penser à en développer un deuxième.

 

Ces questions fondamentales étant rappelées, le cœur du débat se positionne sur le contenu. Avoir du haut débit, ce n’est pas une fin en soi. Ce n’est qu’un outil, un moyen. Que va-t-on mettre dans ces tuyaux ? L’expérience de la plateforme TNTV Replay est intéressante à suivre. Elle connaît 40 000 consultations par mois, ce qui n’est pas rien, pour un contenu produit entièrement localement. C’est dire s’il y a bien un potentiel qui se dessine. Il y a des talents dans nos collectivités pour la production audiovisuelle. Reste à les accompagner, les soutenir, faire la jonction entre les outils et les talents.

 

Le Vice-président évoque les nouveaux moyens administratifs du pays que sont l’agence de développement numérique et le service du patrimoine audiovisuel et archivistique (SPAA). Il souhaite l’émergence de villages numériques. Il indique que le fonctionnement de ces 4èmes rencontres est une démonstration de la capacité et de la volonté du pays à surmonter toutes les barrières technologiques, juridiques et autres pour ouvrir, sur ce site, et tout au long de ces évènements, les canaux de communication.

 

Charlotte (depuis Nouméa) fait part de trois ateliers de travail qui viennent d’être organisés sur les thèmes suivants : le contenu médiatique, l’avenir écologique (recyclage des outils et des gadgets et consommation énergétique) et l’éducation. Le débat portait en prospective Calédonie 2025-2030. Il y a des tensions, entre modernité et tradition, entre rareté et abondance, entre possession et partage, entre réel et virtuel… Il faut recréer des équilibres.

 

Les échanges de la matinée reviennent également en boucle sur l’importance du partenariat. La Calédonienne nous donne une adresse www.observatoire-numerique.nc et nous invite à partager, visiter le site, y publier.

 

L’Etat est prêt à accompagner, souligne son représentant, que ce soit par des outils financiers ou autrement. Mais il s’inscrira dans les stratégies décidées par les pays. Cela nous ramène au sujet. Et comment s’y prennent les collectivités pour établir ces stratégies de développement du numérique.

 

On laissera le mot de la fin à [email protected] comme il se présente lui-même : « Nous, les citoyens, sommes la force qui fait avancer. Fonçons ! »