A la découverte des meilleurs courts-métrages Océaniens

p10101924Près d’une quinzaine de films a en effet été projeté lundi soir devant un public nombreux, curieux et pour finir enthousiaste !  Et pour cause : c’est un extraordinaire voyage à l’intérieur des inspirations de la région, à la rencontre de 13 horizons, que nous avons pu vivre. Vitrine de la diversité des dernières « petites » productions océaniennes, cet instantané unique du cinéma d’aujourd’hui s’est révélé sous toutes les formes : fiction, drame, animation, humour… Sans oublier l’intermède « mode aérienne » très apprécié : Air France, partenaire historique du FIFO, fête en effet cette année ses 50 ans de présence en Polynésie française ; l’occasion d’offrir un défilé en uniformes de ces cinq décennies…  Nina Ricci, Christian Dior, Pierre Cardin, Courrèges ou Balenciaga (rien que ça !), les hôtesses et le steewart avaient chic allure en tenue d’époque, survolant avec élégance les tendances de 1930 à nos jours…

 

Mais revenons-en aux films ! D’avis de spectateurs – et la salle était comble – la soirée fut vraiment passionnante. Danièle, cinéphile inconditionnelle, a apprécié ce soir « la variété des sujets mais surtout leur pertinence, ce qui n’est pas toujours très drôle d’ailleurs, mais cela nous fait découvrir des réalités. Voir tous ces courts-métrages s’apparente à vivre, l’espace d’un instant, une expérience d’une intensité rare. » De poursuivre « ce qui me frappe parallèlement au film en lui-même, c’est de constater le nombre important de personnes nécessaires à la réalisation d’un film ne durant que quelques minutes ». C’est que le « court » a la pression ! Il doit, justement en quelques minutes seulement, plonger le spectateur dans le vif du sujet avec exactitude et profondeur, lui permettre de ressentir des émotions vite et bien… Une exigence que l’imagination et le talent des réalisateurs permettent le plus souvent : « J’ai particulièrement adoré Day trip, nous confie Jean, qui n’aurait manqué cette soirée sous aucun prétexte. On ne sait pas trop pourquoi ce ‘gangster’ maori décide de changer d’air, le temps d’une journée, mais le fait est qu’il le fait et l’on devine que ça va lui changer la vie ». Parfois il suffit juste de regarder un peu plus loin autour de soi pour trouver des réponses, réveiller sa conscience et changer radicalement. Le court-métrage a cette faculté de dire des choses profondes sans en avoir l’air, de nous montrer en plusieurs minutes ce qu’il faut des années entières à analyser dans la vie, de nous mettre devant des attitudes banales qui nous révèlent tant de vérités.

 

Et on appelle cela de la « fiction » ? Oui, parce qu’il y a un scénario, des acteurs, des décors, que c’est joué. Mais dans cette nuit du court-métrage océanien, la réalité n’était jamais bien loin. Ingratitude des relations juvéniles dans The six dollars fifty man, interrogation métaphysique dans Picture show at the end of the world, descente dans les abysses de la folie humaine potentielle dans Deeper than yesterday… Ici, la fiction sert la réalité, permet de détailler ce qu’on ne peut pas toujours appréhender et encore moins filmer dans la réalité avec justesse. L’animation est également au service de cette vérité, à l’instar de Poppy, fait à partir d’images de synthèse pour raconter une histoire vraie, celle de deux soldats néo-zélandais prêts à sacrifier leur vie pour sauver de l’atrocité de la Guerre un nouveau-né. En résumé, la soirée a été riche en découvertes, en émotions, en lueurs d’esprit ! Cette sélection de courts-métrages nous a dévoilé un éventail éclairé et représentatif de la création audiovisuelle océanienne au sens large.

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