[n°12] 2 septembre 1940 Le ralliement des EFO à la France libre : bibliographie et films documentaires

Liminaire : Certaines de ces ressources documentaires sont disponibles à la Maison de la culture- Te Fare Tauhiti Nui.

Les deux livres cultes de l’histoire du ralliement des Établissements français d’Océanie à la France libre sont le Tahiti 40 d’Emile de Curton et le Bataillon des guitaristes de François Broche.

Emile de Curton, Tahiti 40, Récit du ralliement à la France libre des Etablissements français d’Océanie, Publications de la Société des Océanistes n°31, Musée de l’Homme, Paris 1973 ;

En 1942, Emile de Curton dans les Publications de la France Combattante à Londres cite Tahiti, comme terre française combattante

Emile de Curton, médecin chef puis administrateur des îles sous le vent nous donne une chronologie minutieuse  de ce ralliement. Il sera l’un  de ses acteurs avec Jean Gilbert, Marcel Sénac et le Groupe de Mamao. Il pose d’abord le décor de la société coloniale du Tahiti 40 animé par de latents conflits d’intérêts entre les notables de la place et le Gouverneur Chastenet de Gery.

Le Gouverneur Chastenet de Gery confronté à ces jalousies claniques et familiales entichés de sentiments anglo-saxons ne pourra être amené qu’à s’incliner lors du coup de force des putschistes du 2 septembre 1940. Tel sera son témoignage et sa défense dans :

Jean Chastenet de Gery, Les derniers jours de la troisième République à Tahiti, 1938-1940, Souvenirs d’un Gouverneur, Société des Océanistes, Paris 1975, 75 p.

La défense des intérêts économiques de la colonie et le rejet des lois d’exception de Vichy promulguée en Océanie française par le Gouverneur vont donc être le détonateur du ralliement d’une population locale qui souhaite poursuivre la guerre aux côtés des Anglais.

Ces volets sociologique et économique seront tout particulièrement commentés par Henri Weill.

Henri Weill, 2 septembre 1940, Le Ralliement des Etablissements français d’Océanie au Général de Gaulle, Lavauzelle, 2002, 127 p.

La dimension politique du ralliement est aussi développée par Jean-Marc Régnault :

  • Jean-Marc Régnault- Ismet Kurtovitch, Entre légende gaulliste, enjeux stratégiques mondiaux et rivalités Londres/Vichy : les ralliements du Pacifique en 1940, Revue d’histoire moderne et contemporaine n° 49-4, 2002,
  • La France à l’opposé d’elle-même.

Jean-Marc Régnault, La France à l’opposée d’elle-même, Les Editions de Tahiti, 2006, tome 1, 228 p.

Le livre Le bataillon des guitaristes de François Broche nous livre son tableau du Tahiti 40 et du ralliement.  Les hommes et l’atmosphère du ralliement sont dépeints d’une main de maître.

François Broche, Le Bataillon des Guitaristes, L’épopée inconnue des FFL de Tahiti à Bir Hakeim 1940-1942, Fayard, 1970, préface du Général Koenig, 295 p.

François Broche sous l’ombre de son père nous décrit les rouages et les intrigues de la bourgade coloniale de Papeete et démystifie les rôles véritables de ses hommes et de ses femmes.

Le livre Le Bataillon des guitaristes nous raconte ensuite l’épopée du glorieux bataillon du Pacifique et ses faits d’armes. Leur histoire s’arrête cependant avec la mort du colonel Félix Broche en juin 1942 lors de la bataille de Bir Hakeim.

Le Mémorial tahitien dans son tome 5 s’appuie pour partie sur le Tahiti 40 d’Emile Curton. L’iconographie est riche même si elle ne privilégie pour l’épopée du Bataillon du Pacifique que les ressources du Fonds John Martin, ancien soldat du Bataillon du Pacifique au détriment des autres volontaires tahitiens engagés dans la seconde Guerre mondiale.

Le Mémorial polynésien, Tome 5, 1914-1939, Hibicus Edition 1977

L’aventure du bataillon du Pacifique qui le conduira en Italie, en Provence jusque dans les Vosges se poursuit finalement dans le livre Tamari’i Volontaires, les Tahitiens dans la seconde guerre mondiale.

 Jean-Christophe Shigetomi, Tamari’i Volontaires, les Tahitiens dans la seconde Guerre mondiale, Polymages, 2014, 298 p. illustrées.

La mémoire collective retient davantage l’héroïsme du Bataillon du Pacifique et occulte souvent les volontaires tahitiens engagés dans les autres unités de la France libre ou alliées : marins, aviateurs, parachutistes et même la résistance intérieure.

Tamari’i Volontaires leur redonne leur place dans l’histoire de l’implication des Établissements français de l’Océanie dans la seconde guerre mondiale.

Dans Tamari’i Volontaires comme pour dans le Tahiti 40 d’Emile de Curton et le Bataillon des guitaristes ce sont aussi d’autres pans méconnus de la société coloniale qui sont abordés comme les internés, partisans de Vichy, nationaux allemands, italiens et japonais mais aussi les contributions de la communauté chinoise aux efforts de guerre.

La bibliographie sur ce thème se complète de films documentaires dont :

  • Si loin si proche, réalisé en 2006 par Benoît Cornuau,
  • Le bataillon des guitaristes, réalisé par Eric Beauducel en 2004 de 70 minutes qui obtient le Prix du documentaire historique lors de l’édition du Fifo de l’année 2005. Le DVD coproduit par la Maison de la culture est en vente dans sa boutique ;
  • Aux armes Tahitiens, réalisé par Jacques Navarro Rovira en 2016, 90 mn,
  • A l’autre bout de la guerre, réalisé par Charles Antoine de Rouvre, 2020, 90 mn