Les scolaires au FIFO : un jeune public curieux

200-scolaires-au-fifoLa journée de lundi leur était dédiée. Entre projections et ateliers, les élèves des différents établissements de Tahiti et Moorea ont pu approcher le monde de l’audiovisuel.

 

A pied ou en bus, de Moorea en passant par la Presqu’île, 800 élèves de près de 15 établissements scolaires de Polynésie française se sont donné rendez-vous au FIFO, lundi, pour découvrir un programme spécialement concocté pour eux. A l’honneur, des films sur l’environnement, sur la transmission, des films drôles, parfois émouvants, mais aussi des films qui parlent de la Polynésie comme celui de Jeff Benhamza, “Bobby, le renouveau culturel polynésien”. Pour cette projection, le Grand Théâtre a fait salle comble. Attentifs, les élèves ont découvert un homme dont ils ne connaissaient pour la plupart que la musique. Venus de Moorea, Lanihei, Rolanda et Hiauani – 14 et 15 ans – l’assurent, de tous les films qu’ils ont vus, c’est leur préféré. “Ca parle de notre pays, de notre culture, des chants”, précise Rolanda qui avoue ne connaître que le Bobby chanteur, mais pas son travail de peintre ni même l’homme engagé qu’il était. Autre histoire, autre époque, celle du commandant Maxime Destremau et du bombardement de Papeete le 22 septembre. Les élèves ont pu, à la fin de la projection “Destremeau, un destin polynésien”, échanger sur un pan de leur histoire avec l’historienne Marie-Noëlle Fremy et la réalisatrice Pascale Berlin.

Les élèves de 3e 1 du collège de Punaauia sont aussi venus pour enrichir leurs connaissances. Parmi les films diffusés, c’est “Rapa Nui, l’histoire secrète de l’île de Pâques” qui a toute leur attention. Il faut dire qu’ils préparent, avec leur professeur d’espagnol, un voyage à Rapa Nui pour le mois d’avril. “Ca va nous aider à mieux préparer le voyage. On espère découvrir des choses. On a pris nos appareils photos et même une GoPro pour nous filmer aujourd’hui au FIFO, on pourra intégrer cela au carnet de voyage que l’on prépare”, glisse une élève.

Grande émotion enfin après la projection de « Kumu Hina » : tous les élèves présents dans le Grand Théâtre sont descendus jusqu’à la scène pour remercier Hina et se prendre en photo avec elle, avant de quitter le village pour reprendre le bateau pour Moorea. Les élèves comme Hina étaient très touchés de cette rencontre.

Au même moment, dans les salles de la Maison de la culture, des d’élèves ont intégré les ateliers d’initiation proposés par le Festival. La majorité sont issus de classes avec option audiovisuelle et s’intéressent à l’image. Ici, ils viennent découvrir de façon ludique les techniques de montage avec un atelier dédié à la retouche d’images et un autre intitulé “stop motion”. Pour cet atelier, proposé par Luce Pasquini, les élèves de 1ere STD2A (sciences et techniques du design et art appliqué) du lycée Samuel Raapoto ont imaginé une histoire qu’ils ont filmée image par image pour en faire ensuite un film animé. Le cours a rencontré un vif succès et quelques fous rires.

D’autres élèves ont appréhendé l’écriture de scénario ou bien encore le jeu d’acteur devant la caméra. D’ailleurs, pour ce dernier atelier, l’exercice s’est avéré particulièrement difficile pour qui n’a pas l’habitude de s’exprimer devant un auditoire. Sarah Dukhan, comédienne et professeur de théâtre a tenté de leur faire toucher du bout du doigt le métier d’acteur. Travail de respiration, travail de concentration aussi, la comédienne souhaitait aborder avec les élèves la justesse de l’émotion. “Il doit y avoir de la sincérité, il faut apprendre à ne pas surjouer”, nous explique-t-elle. Pour Imihau, 16 ans, c’est sûr, “être un acteur, c’est donner une belle émotion.” Une heure trente après le début de l’atelier et quelques exercices pour rentrer dans le rôle, les participants se mettent en place : face à la caméra, ils se prêtent au jeu de l’audition et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils se débrouillent bien pour une première. Le FIFO n’a-t-il pas aussi pour fonction de créer et d’encourager des vocations ?