Le Scan, le nouveau dispositif d’aide à la création audiovisuel

200-dgen-dispositif-scanInvitée par le FIFO, la DGEN (Direction Générale de l’Economie et du Numérique)  a présenté ce mardi 3 février aux festivaliers son nouveau dispostif d’aide à la création audiovisuelle et numérique : le SCAN, Soutien à la Création Audiovisuelle et Numérique. Cette aide, qui vient remplacer l’APAC, s’adresse aussi bien aux amateurs qu’aux professionnels. Elle est opérationnelle depuis le 1er janvier 2015 et la première commission se tiendra en mars 2015. Karl Tefaatau, directeur de la DGEN, répond à nos questions.

 

Qu’est ce qui a poussé la DGEN à créer le SCAN ?

 

Le SCAN existe à cause ou grâce au FIFO. En effet, les échanges lors des rencontres numériques organisées pendant les précédentes éditions du Festival ont été plus que fructueux, nous avons beaucoup abordé le sujet de la convergence des métiers. Nous avons donc décidé de créer un dispositif qui proposait de financer deux types de filière : le numérique et la production locale audiovisuelle. Les profesionnels demandaient également, et ce depuis quelque temps, une réforme de l’ancien texte, l’APAC. En effet, le secteur avait du mal à subsister en dehors des aides publics. Il devenait donc nécessaire de réformer le dispositif tout en se dirigeant vers la professionnalisation et une meilleure organisation de la filière. Par exemple, depuis le début de ces travaux, les techniciens se sont regroupés dans une association pour être plus forts, et ainsi avoir quelqu’un capable de parler en leurs noms à la fois auprès des instances publiques et auprès des producteurs. Nous avons également fait passer des tarifs de prestations techniques pour les professionnels de l’audiovisuel afin que certains ne soient pas « exploités ». Le nombre de techniciens est plus important que celui des producteurs, il ne faut pas les négliger. Nous avons donc écouté les professionnels mais nous sommes, aussi, allés plus loin en proposant nos propres objectifs.

 

Et quels sont-ils exactement ?

 

Nous appuyons beaucoup sur la rigueur qui est très importante. Aujourd’hui, beaucoup de projets n’aboutissent pas car ils manquent de préparation. Le SCAN est certes plus contraignant sur le montage du dossier mais de cette manière nous nous assurons de la bonne évaluation du projet, de la cohérance et du réalisme du plan de financement. Il est nécessaire d’avoir un vrai travail de lecture stricte du budget, cela nous permet d’avoir une bonne analyse sur les projets économiquement viables qui pourront aboutir en production.

Nous essayons d’emmener les gens vers la professionalisation et les aidons à concrétiser leur projet. Notre principal objectif reste d’avoir le maximum de productions à financer.

 

Quelles sont les qualités du secteur audiovisuel local ?

Notre filière est multicompétente, et nous pouvons l’exploiter à l’extérieur. En effet, lorsque des grosses productions étrangères arrivent, le fenua est en mesure de lui proposer des cadreurs qui peuvent être aussi bien ingénieur du son que perchiste. En France, cela n’existe pas : un ingénieur du son sera seulement ingénieur du son, ils sont très spécialisés. A Tahiti, c’est un petit marché mais les techniciens sont capable de répondre à plusieurs postes. C’est cela aussi notre force. De plus, avec le SCAN, nous voulons montrer notre compétence en matière de gestion de projet audiovisuel. Il y a beaucoup de co-productions à Tahiti avec des structures américains ou métropolitaines, avec le SCAN, le message est de dire : « le fenua a son propre dispositif d’aide financière, c’est une mesure incitative, y compris pour les productions externes ». En effet, si ces dernières veulent bénéficier du SCAN, elles sont obligées de s’associer à un producteur local. C’est une façon de mettre en valeur et de faire monter en puissance nos structures locales.

 

Pour tout renseignement : scan.pf ou audiovisuel.pf

 

Suliane Favennec