LA TNT DEBARQUE

La TNT debarqueAu-delà des points techniques, que nous vous épargnerons ici, la discussion a principalement porté – et c’est bien ce qui nous intéresse ! – sur ce que l’arrivée de la TNT va concrètement changer pour le téléspectateur. Une gamme de programmes plus importante, un label « TNT Outre-Mer » pour les décodeurs qui garantira la norme MPEG-4 nécessaire à la réception de la TNT, le renforcement des programmes locaux pour équilibrer les images qui viennent de l’extérieur… Une série de points ont été abordés. Essayons de vous en livrer l’essentiel.

 

Mais d’abord, la TNT, Quésaco ?
« En numérisant la télévision, sur un canal qui diffusait auparavant un signal télé analogique, explique François Guilbeau, on diffuse ce que l’on appelle un multiplexe numérique (flux de données de 24Mb/seconde qui occupe spectralement la même place qu’une chaîne analogique) et qui permet de transporter jusqu’à dix programmes en MPEG-4 simple définition ». La TNT permettra avant tout d’améliorer la qualité de l’image en diffusant la télévision en haute définition, c’est d’ailleurs son premier objectif. « Et c’est le premier plus pour le téléspectateur ».
Ce premier multiplexe va disposer du bouquet de France Télévision (France 2, 3, 4, 5, et France ô), Arte, France 24 et bien sûr RFO Polynésie et TNTV. Les horaires de diffusion seront calés en fonction des heures de consommation locales, exceptée France 24 qui restera probablement en direct compte tenu du fait que c’est une chaîne d’information continue.

 

Et dans les faits ?
Pour recevoir la TNT, il faudra faire l’acquisition d‘un adaptateur spécifique. Il n’est en aucun cas nécessaire de changer de téléviseur. Les nouveaux téléviseurs à écran plat ont cet adaptateur intégré mais attention ! Denis Van Hecke met en garde : « La majorité d’entre eux indiquent « compatible TNT » mais ne disposent pas des adaptateurs MPEG-4 (mais MPEG-2). Les seuls à les avoir sont les téléviseurs Full HD. Il faut être très vigilant ».
« À ce sujet, complète François Guilbeau, il a été envisagé de créer un label spécifique « TNT Outre-Mer ». Effectivement, la TNT a démarré en métropole en MPEG-2, (inutile, donc, de ramener un adaptateur de France car il risque de ne pas être compatible ici), donc on va labelliser le produit pour qu’il n’y ait pas de confusion avec le téléspectateur ».

 

Combien ça coûte ?
Il a été décidé que le coût de l’adaptateur n’excèderait pas 6 000 Fcfp. Cependant, il existe certaines particularités, notamment pour les abonnés TNS. Comptez environ 12 000 Fcfp pour un décodeur et 30 000 Fcp H.T. pour un décodeur inter-opérable compatible TNT avec services interactifs embarqués. Une autre problématique se pose avec les décodeurs qui permettront de recevoir TNTV.
Pour que chacun puisse accéder équitablement à la TNT, l’attribution d’une aide est en cours d’étude, ainsi que son montant et ses conditions d’attribution.

 

Peut-on refuser la TNT ?
Il n’y a pas d’obligation à s’équiper de la TNT, on a le droit de ne pas s’abonner, « mais c’est vrai qu’à l’avenir (d’ici deux ans), concède Yves Haupert, si on veut recevoir les chaînes publiques, qu’elles soient territoriales ou nationales, il faudra effectivement être équipé du décodeur de la TNT ».

 

Du côté des programmes ?
Chez RFO, Michel Kops parle d’une « véritable révolution pour les téléspectateurs qui implique une mutation sur nos contenus car les programmes de nos chaînes sont constitués entre 60 et 65% par les programmes issus de nos chaînes sœurs de France Télévision que nous reprogrammons. Dans la mesure où ces chaînes seront dorénavant accessibles en direct, ils nous faudra reconcevoir une offre. Ce sera le moment d’inventer un nouvel éditorial, au service des habitants de la Polynésie ».
Chez TNTV, Yves Haupert évoque un « vrai défi qui suppose une nouvelle adaptation de nos médias, a fortiori pour une chaîne de télévision locale. Il est certain que sur un bouquet de 10 chaînes gratuites, le téléspectateur va être tenté de zapper. Pour autant, je ne suis pas inquiet car je pense que la TNT va apporter une légitimité à la proximité : que ce soit la TNT ou, demain, les offres accessibles par le câble Honotua, les programmes resteront des contenus audiovisuels extérieurs, des images venues du monde et pas de la Polynésie française. Je pense que ce déferlement de nouvelles images va renforcer le besoin du Pays d’avoir dans cet immense zapping des fenêtres dans lesquelles il va pouvoir se reconnaître et se retrouver. On espère donc pouvoir développer la production locale. […] La TNT va nous permettre de soulager nos charges de transport de signal. (…) Nous nous battrons pour que l’économie faite à ce niveau puisse être affectée à la production ».

À en croire les calculs, le multiplexe va proposer neuf chaînes alors qu’il en permet dix. Il appartiendra donc à chacun de répondre à l’appel à candidatures du CSA pour proposer une nouvelle chaîne privée. TNS a d’ores et déjà décliné l’invitation. Fred Dubuis a déclaré pour sa part que son groupe réfléchissait à la possibilité de créer une nouvelle chaîne locale et a rappelé que le CSA faisait en ce moment une consultation publique préalable, en Polynésie mais aussi en Nouvelle-Calédonie.

 

Pour plus d’infos www.csa.fr