Inside the doc avec Meri Markham : La femme à l’honneur

200-verena-thomasLe documentaire Meri Markham prend le spectateur par la main et l’embarque aux côtés de Jenifer Baing Waiko, une femme papouasienne qui s’engage dans la vie politique et agricole de son pays. Dans le cadre d’Inside the Doc, animé par Caroline Perdrix, rédactrice en chef adjointe de La Dépêche, la productrice du film revient sur ce petit bijoux de 26 mn.

 

 

Réalisé dans le cadre d’une série de six documentaire sur les femmes, Meri Markham raconte l’histoire de Jenifer Baing Waiko, fille d’un chef de clan en Papouasie Nouvelle-Guinée, qui après avoir fait des études brillante en Australie, revient dans son pays pour reprendre l’exploitation familiale de cacao et se lancer dans la politique. « Quelle est la place de la femme en Papouasie Nouvelle-Guinée ? » demande d’entrée de jeu Caroline Perdrix à la productrice du film, pour débuter cet Inside the doc. « Les femmes contribuent à la société mais cela n’est pas vraiment reconnu. En politique, elles sont encore peu nombreuses, elles sont seulement trois à être au Parlement », explique Verena Thomas devant un public qui profite de l’air frais procuré par l’ombre du gigantesque arbre de la Maison de la Culture. « Jenifer a vraiment un beau parcours donc c’était intéressant pour nous de la suivre. Avec ce type de documentaire, on souhaite ecourager les femmes à s’affirmer et s’engager ». De l’avis de tous, de la productrice comme de celui du public du FIFO, le personnage de Jenifer est un bel exemple pour les femmes de Papouasie Nouvelle-Guinée.

 

Un femme au caractère bien trempé

 

« Comment est vécu le métissage là-bas ? » poursuit la journaliste de La Dépêche qui ne peut pas s’empêcher de souligner l’intérêt de cette question pour les Polynésiens, nombreux à être issus du métissage. C’est aussi le cas de Jenifer Baing Waiko qui est née d’un père papouasien et d’une mère néo-zélandaise. « Elle a grandi dans son pays et donc dans sa culture. Elle parle la langue locale et s’investit dans sa communauté. Même si elle est perçue comme une personne privilégiée, elle est acceptée car elle s’est intégrée et respecte la culture de son pays », confie la productrice qui vit elle aussi en Papouasie Nouvelle-Guinée. Dans le film, on découvre une femme qui n’a pas froid aux yeux et qui part, aux côtés de sa famille, à la rencontre des milieux ruraux parler aux populations dans le cadre de sa campagne électorale. Mère de deux petits garçons, Jenifer Baing Waiko est aidée par son compagnon, un cameraman papouasien de talent qui a par ailleurs participé au film.

 

La politique, un engagement humain

 

« Même si elle n’a pas été élue, est-ce qu’elle se représentera pour 2017 ? » interroge une festivalière qui semble inquiète d’imaginer cette femme abandonner son combat. « Aujourd’hui, elle ne le souhaite pas. Cette campagne lui a demandé beaucoup de travail, d’investissements humain et financier. Et puis, elle est maman de deux enfants en bas âge donc ce n’est pas évident ! », avoue la productrice avant de rassurer le public en expliquant les retours enchantés des papouasiens lors de la projection du film dans certaines communautés du pays. « A la fin du film, le public scandait son nom, les gens souhaitent qu’elle se présente. Alors peut être que ce film lui fera changer d’avis… » espère secrètement Verena Thomas. « C’est une femme engagée et le monde politique lui va bien », conclut la productrice.

 

Suliane Favennec