6e Nuit du court océanien : un concentré d’émotions

200-publicDrôle, déjanté, kitch, sombre, onirique, mystique, social… il y en avait pour tous les goûts samedi soir lors de la 6e Nuit du court océanien.

 

Une longue file s’est formée dès 18h30 devant le grand théâtre de la Maison de la culture en ce samedi 31 janvier. Pour la sixième année consécutive, on se presse pour la traditionnelle et très attendue Nuit du court océanien, dans le cadre du programme OFF du Fifo.

Cette année, le public a pu découvrir pas moins de seize courts-métrages. Si, côté francophone, la Nouvelle-Calédonie ne compte qu’une production, la Polynésie française présente, elle, cinq courts dont certains ont été primés dernièrement au Vini Film Festival. C’est le cas de “Transit”, le plus court des courts-métrages -2 minutes, montre en main !- qui avait reçu le grand prix lors de la  3e édition. Pour compléter cette sélection, deux courts-métrages néo-zélandais et huit courts australiens ont également été diffusés sur grand écran. Herman Van Eyken, membre du jury du 12e Fifo et directeur de la Griffith film School, à Brisbane, n’est pas étranger à cette prédominance australienne : les huit films ont, en effet, été réalisés par des élèves de dernière année de cette prestigieuse école de cinéma.

Entre rire et émotion, le public s’est donc laissé porter tout au long de la soirée. Les sujets graves ont côtoyé  l’absurde et le comique. Parmi les films les plus émouvants : “Jack Rabbit” qui raconte les violences domestiques et “In Safe Hands”, une production néo-zélandaise dont l’histoire met en lumière des faits incroyables, mais bien réels. En 2002, un grand hôpital d’Auckland a reconnu avoir prélevé le cœur d’enfants décédés entre 1950 et 2001 sans autorisation des parents. Des centaines de familles sont alors venus réclamer leurs cœurs. Ce film avait reçu le prix du meilleur film océanien du Court des îles en 2014.

Mais c’est peut-être du côté du rire et du loufoque que se trouve le gagnant, car ne l’oublions pas, le public était invité à voter pour son film préféré en fin de soirée ; un prix spécial devant être décerné lors de la cérémonie de remise des prix, le vendredi 6 février. Le très kitch “The F word” avait des airs de comédie so british, tandis que l’humour noir de “Cat” pouvait vous faire mourir de rire… ou presque. Il faudrait également citer “Blind date” et “Art”, sans doute le film le plus déjanté de cette soirée.

A la sortie du grand théâtre, on s’interroge encore avant de glisser sa préférence dans l’urne. Vaihere est venue en famille et s’amuse de voir que personne n’a voté pour le même film. “Moi j’ai aimé le film d’animation “Tracker”, son côté science-fiction, mais visiblement je suis la seule !” Sa nièce, juste à côté, inscrit “The F word” sur son bulletin de vote : “C’était drôle et coloré, cela m’a vraiment fait rire”. Pour Michel et Sandrine, deux mordus du Fifo, ce sera respectivement “Cat” et “Blind date”. L’humour encore et toujours. Et qu’en pense l’œil avisé d’un professionnel comme Herman Van Eyken ? “Question difficile, je ne pourrais pas voter pour un des films de mes élèves, je suis trop partie prenante ! Je choisirais peut-être le film néo-zélandais “The Gift” et sa façon particulière d’aborder le sujet de l’au-delà et du don”. Rendez-vous le 6 février, pour le verdict.