Zach’s ceremony : Raconter notre histoire et casser la barrière qu’il y a entre les “blancs” et les “noirs”

Alec Doomadgee est co-producteur et acteur du film australien Zach’s Ceremony. Ce mardi, le public a pu aller à sa rencontre pour en découvrir davantage sur les dessous de ce documentaire mettant en scène son fils Zach.

Zach est un métis aborigène. Ce documentaire de 92 minutes retrace l’histoire de ce jeune garçon de ses 10 ans jusqu’à ses 16 ans. Le co-producteur et père de Zach s’est posé la question de comment faire cohabiter l’initiation traditionnelle et la vie moderne.

Durant cette rencontre, Alec Doomadgee est revenu sur le “pourquoi” de ce film, le contexte. “Je voulais montrer la vie que Zach menait et le contexte dans lequel il vivait. Je voulais montrer l’impact de la colonisation britannique sur le peuple aborigène mais également l’impact des missionnaires sur le peuple aborigène. Tout cela a eu un impact sur les coutumes, les cérémonies et les traditions de la culture aborigène”.

Des mots parfois durs, un sujet relaté toutefois avec beaucoup de légèreté, Alec Doomadgee tentant sans cesse de trouver un juste équilibre et une juste émotion à partager avec le public.

Alec Doomadgee insiste également sur le fait qu’il s’agissait bien plus que d’une “simple” cérémonie aborigène. Il s’agissait également de mettre en lumière la complicité d’un père et de son fils. Malgré des passages houleux de la jeune expérience de Zach, notamment au moment de l’adolescence, l’acteur et co-producteur a tenu à mettre en avant l’importance de la communication.

Zach à l’adolescence découvre la drogue et l’alcool. Alec Doomadgee ne s’avoue pas vaincu et tente d’aborder ces sujets avec son fils. “En tant que père, nous avons tous ce besoin de protéger nos enfants. Nous essayons de leur donner le meilleur et toutes les chances de leur côté pour réussir. L’adolescence est une période vraiment difficile où certains jeunes sont confrontés à l’alcool ou à la drogue. Par ailleurs, c’est à cause de ces fléaux que certains peuples indigènes ont été éradiqués”, souffle l’acteur.

Si la complicité entre un père et son fils est mise sur le devant de la scène, Alec Doomadgee aborde également un autre point : la relation de Zach et de sa belle-mère, sa nouvelle épouse.

Le rôle d’Amy est très important. Amy est une Australienne “blanche”. Elle joue le rôle de médiatrice entre les deux hommes. C’est elle qui va restaurer le dialogue entre Zach et Alec à un moment où le jeune homme rejette son père et tente de vivre ses propres expériences. “La relation entre Amy et Zach est très importante car elle est devenue la figure maternelle au sein de la famille. Tout le long du film, Zach recherche par ailleurs cette relation maternelle et aussi une relation avec sa mère biologique qui l’a rejeté. Amy a toujours été présente sans pour autant prendre le rôle de la mère. Il ne faut pas oublier que le père et la mère sont les fondements de la personne”, souligne Alec Doomadgee.

 

Envoyer un message positif à la future génération

Un père aimant qui pour les besoins du film souligne ne pas avoir tourné toutes les scènes. “Zach avait sa propre caméra comme pour en faire un journal. Puis l’autre co-producteur, qui s’était lié d’amitié avec mon fils, l’a suivi presque partout. J’étais en quelque sorte obligé de me retirer du projet à un moment donné car je l’aurais tout le temps sermonné en lui disant : “non, non, non ne fait pas ça”, s’amuse à raconter Alec Doomadgee.

 

D’où est venue l’idée d’un tel film ? Alec Doomadgee revient avec sincérité sur ses motivations : “L’idée de faire ce documentaire me trotte dans la tête depuis que j’ai 16 ans. J’ai mis beaucoup de temps pour pouvoir le réaliser. Au départ, je voulais faire un film sur ma vie et cela ne s’est pas fait. Et j’ai eu de la chance parce que j’ai eu un garçon. Du coup, je me suis dit, et si je racontais tout cela à travers les yeux de mon fils ! J’ai donc utilisé mon fils comme moyen de raconter notre histoire et casser la barrière qu’il y a entre les “blancs” et les “noirs”. Je crois que le fait de raconter une telle histoire à travers les yeux d’un enfant est plus facilement accepté”.

Zach’s ceremony au final porte un message fort. Celui de dire aux spectateurs qu’il est possible d’assumer pleinement une double culture avec d’un côté la culture occidentale et de l’autre la  culture aborigène.

 

“Je voulais que ce film apporte un message positif, une image positive pour la génération à venir et pour les leaders à venir. Il faut aller de l’avant et avoir foi en notre peuple aborigène. Je voulais que nos enfants voient en leurs parents des modèles, des héros”, a conclu Alec Doomadgee.

 

FIFO – Jenny Poehere Hunter