THIS IS THE END …

This is the endUn grand théâtre comble, un jury souriant, ému et fier, une Maison de la Culture qui atteint l’apogée de son effervescence, des chants enjoués, des danses tout en grâce et en énergie, des projections d’extraits des films gagnants qui mettent l’eau à la bouffe de ceux qui ne les ont pas vu… La soirée de Cérémonie de remise des prix du FIFO 2010 méritait qu’on vous la fasse partager.

 

Comme il est d’usage, le suspens a été préservé jusqu’au bout pour le grand gagnant du prix du jury. Les prix spéciaux (de 300 000 Fcfp chacun) ont d’abord été décernés. Le troisième, aux « Untouchable girls » de Nouvelle-Zélande, un 82 minutes de Leanne Pooley qui nous donne à voir la vie de deux jumelles lesbiennes, drôles et pleines de vie. Un film joyeux qui contrebalançait la tendance générale plutôt austère. Le deuxième a été remis à Keala Kelly, de Hawaii, pour son 73 minutes intitulé « Noho Hewa ». Il met en scène des Hawaiiens qui dénoncent la profanation continuelle de sépultures et de lieux sacrés, la présence militaire américaine à Hawaii et la dépossession du peuple hawaïen par l’occupation coloniale américaine. Le premier est revenu à Amiel Courtin-Wilson pour « Bastardy », un 83 minutes « drôle, en même temps dramatique, mais avec un acteur formidable. Un film qui a tous les ingrédients pour plaire et qui va faire le tout du monde ». Le prix du public a ensuite été attribué à « Terre Natale. Retour à Rurutu », réalisé par Jean-Michel Corillon, qui a su retranscrire la problématique de l’adoption « avec beaucoup de pudeur, sans pathos, sans voyeurisme. C’était un exercice difficile ».

 

Sur les cinq films récompensés pour cette septième édition, deux sont néo-zélandais puisque c’est enfin le film « Te Henua E Noho », de Briar March, qui été récompensé par le grand prix du jury (doté de 500 000 Fcfp). 80 minutes sur une île au large de la Papouasie Nouvelle-Guinée menacée par la montée des eaux, ce qui oblige ses habitants à de grandes questions. Florence Aubenas a souligné « On a voulu, à travers ce prix, récompenser à la fois le battement d’aile d’un papillon, c’est-à-dire une toute petite île au milieu de l’océan qui va être recouverte par la mer et qui fait résonner cette problématique qui est au cœur de ce continent, et aussi l’aventure humaine qu’elle représente, à savoir ces gens qui ont tout d’un coup un choix à faire : être le premier à partir ou le dernier à rester. C’est un choix humain extrêmement prenant et bien raconté puisque que chacun des habitants explique ses choix, ce qui le fait changer d’avis… C’est un film extrêmement émouvant, c’est ce que l’on a voulu récompenser ».

 

La Présidente du jury admet cependant que le choix n’a pas été facile. « Ca c’est joué à une voix prêt, précise-t-elle. On s’est un peu engueulé, juste comme il faut. On a hésité, argumenté, ça a duré plus longtemps que ce que l’on pensait. Mais on est très content de notre palmarès et très heureux du gagnant. […] Nous voulions vous dire à quel point nous avons été contents et fiers de participer à cette aventure qui est celle d’une école documentaire au milieu de l’Océanie. Lors de nos multiples discussions, Olivier Poivre d’Arvor avait l’habitude de dire « que serait Cannes sans son festival » ; Bientôt on dira « que serait Tahiti sans son FIFO ?  » ! »