The price of peace, un film animé par la passion

The price of peaceThe price of peace, un film animé par la passion

 

Jeudi 4 février, la réalisatrice et la productrice de The price of peace sont venues à la rencontre avec le public. Les deux femmes sont revenues sur les dessous du documentaire.

Sur le paepae de la Maison de la Culture, la réalisatrice et la productrice de The price of peace écoutent attentivement les propos de Heiura Itae-Tetaa, qui travaille à Archipel Production. La jeune femme est en charge d’interviewer les deux professionnelles au sujet de leur documentaire devant un public plutôt timide pour ce début d’après-midi. Avant de commencer, elle plante le décor, et rappelle qu’en réalité ce film est la suite du premier, October 15. Diffusé au FIFO en 2012, ce documentaire suivait déjà le personnage de Tame Iti, un activiste maori. Il racontait déjà la descente armée organisée dans la tribu Tuhoe par la police militaire qui soupçonne un certain nombre d’habitants de « terrorisme ». On est alors en 2007. The price of peace raconte la suite, revient sur le procès, les arrestations, les souffrances des familles mais aussi la réconciliation entre ces deux cultures, ces deux mondes qui ne se comprennent pas et ne communiquent pas.

Le point de vue des Maori

« Les gens ont vraiment été choqués par la manière dont la police a débarqué et bousculé tout le monde », explique Kim Webby, à la silhouette fragile, qui raconte avec émotion la standing ovation que le film a reçu lors de sa projection au festival néo-zélandais Doc Edge. « Les Néo-zélandais européens étaient reconnaissants de leur avoir ouvert les yeux. ». Les Maori, eux, ont remercié la réalisatrice en se levant pour chanter. « C’était magique », avoue émue la réalisatrice également journaliste chevronnée. Reconnue pour son professionnalisme dans son pays, Kim Webby a suivi durant sept ans Tame Iti, le principal accusé. L’homme est une grande figure de la culture maorie. Kim Webby et lui se connaissent depuis des années, elle n’a donc pas eu de mal à suivre Tame Iti. En réalité, celui que la journaliste n’a pas réussi à convaincre de parler est le directeur de l’opération policière, l’homme n’a jamais répondu à ses demandes d’interview. « Finalement, je trouvais cela plus intéressant de me concentrer sur le point de vue de la tribu car on en a moins l’habitude ».

La difficulté du financement

Assise à côté d’elle, Christine Milligan, la productrice du documentaire, a suivi durant ces sept longues années sa réalisatrice. « Même si c’est long, on ne pouvait pas passer à côté de cette histoire », explique t-elle avant de s’attarder sur la valeur du sujet et la passion de Kim Webby. « C’est ce qui fait tout la force du sujet ». Côté financement, Christine Milligan ne cache pas que cela a plutôt été difficile. Kim Webby raconte d’ailleurs avec beaucoup d’humour comment ils en ont été réduits à « voler » une caméra « que nous avons rendue bien-sûr, mais une fois le travail fini ! ». Les deux femmes se souviennent aussi de toutes ces heures travaillées juste pour la passion. Quelque chose que les deux femmes partagent… « Les Maori vivent un renouveau culturel ? », interroge Tom, le seul spectateur qui osera poser une question. Le jeune homme est curieux, il souhaite en savoir plus sur ses cousins polynésiens. « Oui, oui, c’est très fort même. Cela se traduit au niveau de l’expression culturelle, à travers le rap, le graffiti, le tatouage. La Nouvelle-Zélande et Tahiti sont les deux pays au monde où les gens sont les plus tatoués.  ». La conversation avec le public s’arrêtera là. Un dernier merci viendra conclure l’entrevue.

Crédit : FIFO/Suliane Favennec