Tatau, un premier film prometteur

200-tatau“Tatau, la culture d’un art” a reçu le prix du SCAN, vendredi soir, qui récompensait une production locale parmi les films en compétition. C’est donc une équipe joyeuse qui s’est présentée à la rencontre du public dans Inside the doc.

Le public est parsemé sur le paepae en ce samedi matin, mais l’ambiance est joyeuse, festive. Il faut dire que c’est le film “Tatau, la culture d’un art” fraîchement récompensé par le prix du SCAN, qui est à l’honneur dans les rencontres Inside The Doc. Les pieds dans le sable, le réalisateur Jean-Philippe Joaquim et le producteur Emmanuel Juan savourent ce moment. “Je suis très heureux de m’inscrire dans ce palmarès qui était cette année plein d’émotion”, souligne Jean-Philippe Joaquim dont c’était le premier film en tant que réalisateur. Une reconnaissance qui offre l’occasion d’aborder la question de la création audiovisuelle en Polynésie française. “Si ailleurs on parle d’industrie, ici nous sommes plus dans l’artisanat. Les professionnels sont obligés de se diversifier pour pouvoir s’en sortir. C’est compliqué”, précise Emmanuel Juan dont c’est aussi la première production. Pour les deux hommes, il s’agit maintenant de profiter de ce prix pour avoir une visibilité localement, mais aussi à l’international. Potentiellement, « Tatau » peut en effet intéresser le Japon, Hawaii, l’Allemagne, tous les pays qui s’intéressent au renouveau du tatouage. “A Tahiti, on espère que ce prix va asseoir notre crédibilité et notre légitimité et ainsi nous permettre de proposer de nouveaux projets”.

Avec « Tatau », on découvre l’histoire du tatouage et en particulier sa réappropriation par la société polynésienne dans la mouvance du renouveau culturel polynésien. Dans le sillage du tatoueur Manu Farrarons on suit son évolution, mais aussi son exportation à l’étranger. Pourquoi Manu Farrarons ? “On me demande pourquoi je n’ai pas pris comme fil rouge un tatoueur polynésien, mais Manu est tout à fait légitime. Il a été le témoin du renouveau du tatouage polynésien, son père est le premier à avoir ouvert un tatoo shop. Manu a été également le président du jury pendant la convention du Polynesia Tatoo en 2014, il a une renommée internationale, il fait rayonner la Polynésie à l’extérieur, il a formé beaucoup de jeunes”, précise encore le réalisateur pour qui le tatouage reste une “religion personnelle, une fiction de soi.”

De « Tatau » on retient également l’esthétique. “On ne dirait pas comme ça, mais nous sommes pointilleux, assez perfectionnistes. On peut passer des heures sur une image, c’est notre culture de la réalisation. Et puis nous avons des compétences dans l’animation, donc on y a passé du temps, mais cela ne nous a pas coûté plus cher finalement. On a tout fait nous-mêmes”, explique le producteur.