Inside the Doc : « Aux armes tahitiens » réalisé par Jacques Navarro Rovira

200 aux armes tahitienUne rencontre avec le réalisateur Jacques Navarro-Rovira a été proposée au public, venu nombreux sous le banian de la Maison de la Culture pour échanger sur son documentaire Aux armes Tahitiens. Interviewé par la journaliste Caroline Perdrix, il a pu répondre aux questions du public sur son film, retenu dans la catégorie en compétition.

Un film pour « ceux dont on ne parle pas »

Aux armes Tahitiens est un documentaire regroupant plusieurs témoignages d’anciens engagés tahitiens ayant rejoint les troupes françaises durant la seconde Guerre Mondiale. On pense forcément aux bataillons du Pacifique mais « d’autres polynésiens sont partis en tant qu’aviateurs, marins, résistants, parachutistes » nous rappelle Jacques. Ce sont ces anciens combattants dont « on ne parle pas » qu’il a voulu mettre à l’honneur en leur permettant de prendre la parole et de pouvoir pour certains enfin se livrer. Des souvenirs parfois douloureux et poignants illustrés par des archives audiovisuelles historiques pour certaines inédites.

 
Plus qu’un documentaire, un film de mémoire

Au départ, Jacques Navarro-Rovira prévoyait un documentaire de 52 mn. Il lit l’ouvrage Tamari’i Volontaires de Jean-Christophe Shigetomi et y trouve là « une mine d’or avec toutes ces histoires extraordinaires » à exploiter. Tout est intéressant et mérite d’être partagé ! Commence alors un long travail de recherches et de tri d’archives historiques. Il faut aussi, et surtout, aller à la rencontre de ces anciens combattants. Certains sont revenus sur le fenua et d’autres restés en France, quand ils ne sont pas morts au combat. Des rencontres à chaque fois émouvantes. Des sources d’informations précieuses qu’il faut transmettre aux jeunes générations pour qu’ils sachent ce qu’on fait leurs aïeux pour eux, pour nous, Tahitiens. Au final, il y a beaucoup à dire, et parce que Jacques veut que ces informations soient à la portée de tous, il décide finalement de faire un docu-fiction. Un format qui lui demande un long et vrai travail d’écriture « pour permettre de faire passer ces 90 minutes de documentaire plus facilement auprès du grand public ». Certains trouveront que « ça reste quand même long » alors que d’autres non. Le plus important c’est que ce documentaire existe car il se veut avant tout un film de mémoire pour tous ces Polynésiens volontaires méconnus.

Des anecdotes émouvantes

La journaliste, Caroline, pose des questions pertinentes au point qu’au moment de laisser la parole au public il n’a plus de questions. Elle demande alors à Jacques : « Aurais-tu une question à laquelle tu voudrais répondre et qu’on ne t’a pas posée ? » Jacques sourit « on m’avait demandé, en début de semaine, si j’avais des anecdotes à partager par rapport au tournage ». Et il en a, beaucoup même, mais celle qu’il décide de partager avec le public est celle d’un combattant tahitien enterré dans un cimetière militaire du Vercors en France. « Le cimetière comptait des milliers de tombes et il fallait retrouver celle de André Vernier, le combattant tahitien ». Comment faire ? Alors qu’il commence à lire les inscriptions sur chaque stèle, là perdu parmi toutes ces croix alignées, une croix attire son attention avec un collier de coquillage accroché dessus. C’était un tahitien enterré, celui qu’il cherchait… le tahitien qu’on n’a pas oublié !