[FIFO 2020] Pitch dating : 9 minutes pour convaincre

Amateurs comme professionnels ont pu présenter leur projet à des diffuseurs et des producteurs durant le pitch dating, organisé au FIFO ce jeudi. Ils avaient 9 minutes pour réussir à convaincre.

Plusieurs tables sont installées sous le grand chapiteau. A chacune d’elles : des diffuseurs et des producteurs. Ahi Company, Archipel Production, Oceania Films, Canal+ Calédonie, France Télévisions, Polynésie la 1ère et Lucid Dream Prod attendent les projets. Une quinzaine de personnes s’étaient inscrites pour cet événement. Ils devaient présenter leur projet en 9 minutes. Un gong annonce le début des échanges et un chrono affiché en hauteur permet de voir les minutes défiler. Et un gong retentit pour annoncer la fin des échanges. « Là c’est terrible ! Tu es toujours en plein milieu d’une phrase », rigole Caroline, qui est venue présenter deux projets de documentaires. Et il faut absolument se lever, changer de table et c’est reparti pour un pitch auprès d’autres professionnels. Elle connait déjà bien le milieu de l’audiovisuel car un de ses films a été diffusé sur France Ô. « Je profite de l’occasion pour présenter mes projets. J’ai fait des stages pour apprendre à pitcher. Il faut réussir à se présenter et présenter son projet avec ses particularités en quelques minutes. » Et, bien sûr, réussir à convaincre et à donner envie aux professionnels d’aller plus loin. « C’est un exercice difficile. Il faut savoir synthétiser ses idées. C’est dur et stressant. » Caroline a déjà pitché plusieurs fois. La première : « Ce n’était pas terrible ! » Et la deuxième : « C’était très bien, m’a dit le professionnel. » Le pitch dating n’est parfois qu’une prise de contact. « Au pire, tu repars avec une carte et au mieux tu as un rendez-vous ! » explique Sophie Blanc qui organisait cette édition, pour le FIFO et l’Association tahitienne des professionnels de l’audiovisuel (ATPA) dont elle fait partie.

« Provoquer des rencontres qui feront les films de demain » : c’est l’objectif du pitch dating. Denis Pinson et Laurent Jacquemin, d’Archipel prod, sont venus « trouver des histoires ». « Les bonnes histoires ne viennent pas forcément de personnes qui travaillent dans le milieu de l’audiovisuel. Rencontrer d’autres personnes qui ont d’autres idées, présentées parfois avec de la maladresse, mais c’est ça qui est intéressant. » Tous deux encouragent d’ailleurs à venir les personnes qui n’ont qu’un embryon d’idée. A partir de ce petit début, de belles choses peuvent être produites. Deux documentaires, « nés » lors du pitch dating, ont été produits par Archipel prod. Ce jeudi, ils ont rencontré plusieurs personnes et trouvé une idée particulièrement intéressante. « On sent les gens un peu stressés, c’est normal car ils se confrontent aux professionnels. Le pitch dating est une manière comme une autre de faire naître des productions. On aime bien le côté peu protocolaire et pas trop structuré de l’événement. Les gens peuvent venir présenter des choses en arrivant les mains dans les poches ! » C’est exactement le cas de Tefau’ura, qui a présenté son projet à une société de production parce que la table était libre à ce moment-là. « Je voulais leur tenir compagnie ! J’ai présenté mon projet et je n’ai pas vu le temps passer… » Résultat : des cartes échangées avec les contacts des uns et des autres. « Grâce au pitch dating, on passe le secrétariat, on est directement dans le bureau », ajoute Sophie Blanc.

Vehi est également là par hasard. Alors qu’elle profite du FIFO, elle entend l’annonce au micro du pitch dating qui va bientôt avoir lieu. Elle saute sur l’occasion pour présenter une histoire qu’elle a dans ses tiroirs depuis plusieurs années. « Je leur ai demandé si je n’étais pas trop nulle et ils m’ont dit que non », sourit-elle en racontant comment s’est déroulé son premier pitch. « J’y allais comme ça mais je crois avoir une belle histoire. J’ai parlé tellement vite qu’ils ont le temps ensuite de me poser des questions. J’ai senti une véritable écoute. » Chez Lucid Dream Prod, Manea Mazet, Samy Nine et Benjamin Cicero sont venus par curiosité. Ils sont plus habitués à être de l’autre côté de la table, à pitcher leurs propres projets, qu’à écouter les projets des autres. « On reste bienveillant bien sûr ! » Mais pour eux, si on veut que son projet aboutisse, il faut se préparer. « On n’improvise pas un pitch », expliquent-ils. C’est la première année qu’ils participaient à l’événement en tant que professionnels. « Nous avons déjà beaucoup de projets avec nos propres histoires mais si par chance on tombe sur des projets intéressants et que notre société de production plait… » Alors banco !

 

Lucie Rabréaud / FIFO 2020