[FIFO 2020] 11ème nuit de la fiction : l’humain au coeur de l’Océanie

11e Nuit de la fiction : l’humain au cœur de l’Océanie

 

Après un après-midi dédié aux courts-métrages de documentaire, place à la fiction. Samedi 1er février, la salle était de nouveau comble pour la 11e Nuit de la fiction au Grand Théâtre de la Culture. 11 fictions de 4 à 20 mn ont été projetées, toutes de qualité.

 

« C’était vraiment bouleversant cette histoire du colonisateur qui vient imposer sa loi sans se préoccuper de ce qu’il y avait avant lui et sans considérer les autochtones ». Djimaa a dû mal à trouver ses mots, elle est encore sous l’emprise de l’émotion. La quadragénaire est à son 6e FIFO, et elle ne s’en lasse pas. Il faut dire que les sélections des projections sont chaque année de qualité. Paroles de festivaliers. Liliu, le premier film de cette 11e édition de la Nuit de la fiction, n’a laissé personne de marbre dans la salle du Grand Théâtre de la Maison de la Culture. Il raconte le mépris des colonisateurs face aux coutumes des Samoans. Le jeu d’acteurs y est excellent. « Les personnages nous ont planté directement dans l’émotion », confirme Teremu. Le jeune homme de 33 ans est particulièrement sensible à la prestation des acteurs, lui-même étant un apprenti dans le jeu de la scène. « Le film aussi avec le papy pakeha et le jeune garçon maori était très bon. Il n’y a quasiment pas de dialogues, tout était dans le jeu, et ils ont réussi à faire passer toutes les émotions ». Walk A Mile raconte l’histoire d’un vieux grognon qui vit dans une maison à côté d’une famille avec de jeunes enfants. Trop bruyante à son goût. Quand un drame survient chez ses voisins, le vieux grognon réalise qu’il se soucie d’eux. Une belle histoire d’affection empreinte d’humanisme.

 

Les relations humaines

 

Si ce film a conquis le public, il n’est pas le seul. Cette Nuit de la fiction a été un festival d’émotions au travers de court-métrages où les personnages partagent des moments parfois  heureux, parfois tristes. Le rythme du cours d’une vie. Our father fait le portrait d’une famille néo-zélandaise d’origine samoane, forcée de se confronter aux ombres de son histoire. La mère a disparu, les deux filles vivent chez la grand-mère. Le père, lui, les a abandonnées. Quand il revient après quatre ans d’absence, les démons ressurgissent. Mais ensemble, les femmes de la famille vont tenter de guérir. « Les séquences sont tristes et belles à la fois », confie Mira, les larmes encore aux yeux. Elle participe à son premier FIFO et elle ne regrette pas d’être venue. « C’est un beau moment de partage et de découverte. Ça me fait voyager et les films m’ont vraiment bouleversée. Il y avait beaucoup d’émotions. C’est toujours comme ça ? ».

 

Rires et émotions

 

Entre quelques larmes, des rires aussi. #Collaspsingempire a suscité le fou rire chez le public. Un rendez-vous galant dans un restaurant que ni l’homme ni la femme ne connaît mais dont le prestige le précède. Une scène où l’absurde a toute sa place. Deux films d’animation complètent cette sélection où l’absurdité se mêle aux rires. Love Bytes raconte l’histoire de  ce robot solitaire dans un monde désolé à la recherche du bonheur. Un concept qui lui est inconnu. Troll Bridge plonge le spectateur dans la personnalité loufoque du dernier héros barbare, âgé de 87 ans, et de sa rencontre avec un Troll, gardien des ponts. De quoi plaire aux plus jeunes présents aussi dans le public de cette Nuit de la fiction. « Je suis un habitué et je viens toujours en famille et avec mes enfants. A travers ces films, on peut leur faire découvrir nos histoires et celles de nos voisins, mais aussi se divertir », apprécie Cyril qui a été particulièrement touché par le film Ori, réalisé en Polynésie française. Ce film qui raconte le chemin d’une jeune fille sourde pour apprendre à danser le ‘ori tahiti, a beaucoup parlé à Isabelle, une habituée du festival. Elle est là depuis la première édition de la Nuit de la Fiction. « Mes parents sont sourds. J’ai toujours pensé que la danse tahitienne avec ses gestes était compréhensible par les sourds. Je me suis reconnue dans ce film ». Chaque année, Isabelle est étonnée par la force des histoires de chaque pays de l’Océanie. Des histoires qu’elle découvre au FIFO. Et cette 11e édition de la Nuit de la fiction n’a pas dérogé à la règle.

 

 

Suliane Favennec / FIFO 2020