FIFO 2014 – Le documentaire est une aventure humaine

affiche-amy-taylorAmy Taylor a toujours été passionnée par les dauphins. Biologiste marine de formation, la jeune femme n’a pas hésité à reprendre des études de cinéma et d’histoire naturelle, pour mieux connaître et, surtout, filmer de plus près son mammifère de prédilection. Sa thèse de fin d’étude sera d’ailleurs un documentaire sur des espèces de dauphins en voie de disparition. «Beyond the Kelp » qui a été diffusé sur la chaine Maori TV, rencontrera un franc succès auprès du public. Avec Soul in The Sea, son second documentaire, non seulement Amy Taylor séduit les festivaliers du FIFO qui sont tous ou presque ressortis de la projection les larmes aux yeux, mais elle rentre aussi dans la cour des grands. Déjà sélectionné au festival Jackson Hole Wild Life aux Etats-Unis, Soul in th Sea est l’un des quatorze films en compétition au FIFO. Durant près de six mois, Amy Taylor a filmé l’histoire de ce dauphin sauvage à la recherche de compagnie. L’arrivée de Moko à Wakatune en Nouvelle-Zélande, a transformé la vie de Kristie Carrington qui va alors se dévouer à sa protection, mais aussi celle du marin Erin Hallen ou de Grant qui craint la mer et va la découvrir à son contact. Tout le monde est séduit par Moko. Une popularité qui pourrait devenir dangereuse pour le dauphin. Faut-il continuer à la cultiver ou l’en écarter? Ces questions, Amy Taylor les pose avec intelligence et émotion dans son film. Pour nous, la jeune maman qui regrette de ne pouvoir profiter un peu plus du FIFO à cause de son nourrisson, revient sur la réalisation de documentaire qui a marqué sa vie

Comment avez vous entendu parler de l’histoire de ce dauphin Moko?

 

Un jour, en lisant le journal , je suis tombée sur la photo de ce dauphin: il sautait avec un boogie au bout du nez. Son histoire m’a plue, je me suis donc rendue à Wakatune en Nouvelle-Zélande pour nager avec lui et voir comment cela allait se passer. La première fois que j’ai nagé avec Moko, il m’a emmené au large puis il a joué en me sortant de l’eau avant de revenir jouer avec un requin marteau mort. C’était très étrange mais j’ai aussitôt senti que ce dauphin était un personnage original. C’est rapidement devenu une évidence pour moi de filmer son histoire. J’ai passé plus de six mois avec lui, je me suis attachée à lui. Quand il est mort, j’ai tellement pleuré que je ne pouvais plus tenir la caméra.

 

Vous passez beaucoup de temps dans l’eau avec Moko, avez vous rencontré des difficultés matérielles ?

 

Je n’avais pas beaucoup de budget donc j’ai dû tourner  avec une caméra amateur. J’ai réussi à obtenir une caméra professionnelle seulement pour les interviews.  Le plus long, en réalité, a été de monter les différentes versions du documentaire. Au final, j’ai réalisé trois versions, deux pour la télévision néo-zélandaise et internationale, et une pour le festival. Je n’avais pas d’équipe, j’ai tout fait toute seule. Même si il y avait cette contrainte matériel, passer presque huit heures par jour dans l’eau avec Moko a été un vrai bonheur.

 

Vous suivez tout au long de votre documentaire Kristie Carrington, la «nounou» de Moko. Quelles ont été vos relations durant la réalisation du documentaire?

 

Tout le temps où j’ai nagé avec Moko, elle était là. Comme j’étais toute seule pour tourner ce film, c’était plus facile de créer un lien de confiance entre Kristie et moi. Aujourd’hui, nous sommes devenues très amies. Elle habite maintenant en Australie avec son petit garçon, elle a été très affectée par la mort de Moko. Elle tente de combler le vide laissé par Moko, alors pour l’aider à passer le cap, elle s’est reconnectée avec la culture maori. Kristie a été adoptée par une famille européenne donc elle connait finalement très peu sa culture. Quand le dauphin est mort, la communauté maori l’a beaucoup entourée et soutenue. Il faut savoir que dans la culture maori le dauphin comme la baleine tiennent une place très importante: ils sont considérés comme des gardiens, des protecteurs. C’est comme cela que Kristie a décidé de renouer avec sa culture. D’une certaine manière, Moko a montré la voie à Krisitie….