Débat 1 – Les rencontres numériques : La planète des numériques, réalités et tendances

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En préambule à l’ouverture des 3èmes rencontres numériques, Michel Paoletti a rappelé les enjeux évoqués lors des deux précédentes éditions. Il s’est réjoui que ces rencontres se déroulent au sein du FIFO, ce qui donne aux débats une  connotation culturelle mais aussi économique. Le développement de l’économie numérique représente en effet un vrai enjeu pour la Polynésie.  Il a notamment évoqué les problématiques liées au développement  de l’équipement et des réseaux.

 

Marcel Desvergne quant à lui  a rappelé l’enjeu de l’éducation dans le numérique, évoquant les nouveaux comportements induits par le développement du web, comme les fameux ‘doudous numériques’ et le nomadisme. Pour lui, nous sommes  tous devenus des citoyens numériques et cette révolution est à la fois technique, politique, sociale, culturelle.  Le « cloudcomputing »  se généralise et les échanges sont immatériels, développant l’interactivité.  Pour lui les nouvelles technologies nous condamnent à devenir intelligents, créatifs et hors des anciens modes d’enseignements liés la répétition.

Teva Rohfritsch, le ministre de l’économie numérique, a salué l’avancée de la Polynésie dans le monde numérique, ne niant pas que la situation de monopole puisse poser des problèmes aux usagers, ce qui induit pour les pouvoirs publics un repositionnement, notamment  en matière d’infrastructures et d’équipements. Un autre câble est d’ailleurs d’ores et déjà à l’étude. Reste à savoir comment  faire venir les fibres optique jusqu’à l’abonné, sachant que le satellite restera  un complément indispensable pour les usagers des archipels  éloignés, également pour des raisons de sécurité sanitaires. Des réflexions conjointes sont en cours avec les Calédoniens, mais cela nécessite de redéfinir un nouveau service public, en création.  La beauté des paysages, la  richesse de notre culture, sont des atouts, mais le développement du numérique est une vrai chance pour la Polynésie et ses 37000 internautes.

 

Bernard Benhamou quant à lui a évoqué ‘proxima mobile’  et son application sur le musée du Louvre, qui est la plus téléchargée du monde, dont 65 % aux USA. Il faut donc développer des contenus, notamment culturels mais aussi développer des intelligences. Les maîtres du développement internet métropolitain sont : ‘marché – données- cerveau’. L’Europe a l’ambition de devenir une région motrice, mais elle n’a pas su prendre le train en marche. Ce sont vers les services que vont les capitaux aujourd’hui, et plus particulièrement vers les réseaux sociaux, dénotant un véritable besoin. Par ailleurs certain public, notamment les seniors, se sont mis à l’internet grâce au mobile. Par ailleurs le mobile a un vrai potentiel, particulièrement dans le domaine du tourisme.

Les questions liées à de la protection de la vie privée via le développement des réseaux sociaux ont également été évoquées, avec le contrôle des données et la nécessité de développer une ergonomie facile d’accès.

Les intervenants ont par ailleurs rappelé que l’accès illimité aux réseaux favorise les usages d’internet et par voie de conséquence le développement des contenus. M. Fisher a mis en avant le cas du Québec, où le développement d’internet a une vraie portée culturelle, avec par exemple le développement des équipements des écoles de façon systématique.

Puis les intervenants ont laissé la place aux questions du public qui ont essentiellement porté sur les moyens de financer le raccordement. Enfin, la problématique de l’ouverture à la concurrence est revenue au centre du débat. Pour conclure, Teva Rofristch a insisté sur la pression que mettent les internautes polynésiens, qui n’imaginent pas ne pas avoir accès à internet, même aux Marquises, rappelant que deux milliards d’internautes représentent un potentiel formidable pour diffuser la culture polynésienne.

Les intervenants :

Marcel DESVERGNE, président AEC

Bernard BENHAMOU, délégué aux Usages de l’Internet

Richard DIDIER haut Commissariat de la République

Bernard DELADRIERE, chargé du budget de l’économie numérique, Nouvelle-Calédonie

Hervé FISCHER, cofondateur de la Cité des arts et des nouvelles technologies, Montréal

Christian PAUL, président commission TIC, ARF

Teva ROHFRITSCH, ministère de l’économie numérique.