Pierre Richard III un one man show pas comme les autres

Pierre Richard sera à Tahiti pour 2 représentations exceptionnelles de son spectacle Pierre Richard III. Seul en scène, il revient sur sa carrière, avec humour et tendresse. Rendez-vous au Grand Théâtre le 15 et 21 octobre.

Qui est-il ?

Après son bac, Pierre Richard s’installe à Paris où il suit des cours d’Art Dramatique au Cours Dullin et chez Jean Vilar. Il commence sa vie artistique au théâtre sous la direction d’Antoine Bourseiller tout en se produisant dans des cabarets parisiens comme l’Ecluse. C’est d’ailleurs au cabaret qu’il crée l’image d’un hurluberlu à la fois timide et distrait en compagnie de Victor Lanoux. Ce personnage l’accompagnera toute sa carrière. Il se produit lors de la première partie du spectacle de Georges Brassens où il joue ses premiers sketches Les Gifles, Les Briques, La Chaîne.

En 1967, il débute au cinéma dans Alexandre le bienheureux d’Yves Robert. Il faut attendre 1970 et le film Le Distrait pour que le comédien connaisse la consécration.

Son personnage de gaffeur rencontre un succès immédiat. Claude Zidi, Yves Robert et bien d’autres cinéastes sont séduits par son style. Pierre Richard triomphe en 1972 avec Le Grand Blond avec une chaussure noire réalisé par Yves Robert, imposant définitivement son style. Il sera à l’affiche de nombreuses autres comédies comme La moutarde me monte au nez (Claude Zidi), Je suis timide mais je me soigne (Pierre Richard), La Carapate (Gérard Oury), Le Jumeau (Yves Robert). Les années 8o verront sa collaboration fructueuse avec Francis Veber. Le réalisateur oppose le comédien à Gérard Depardieu dans La Chèvre. Le duo se reforme à deux reprises sous la direction du même cinéaste pour Les Compères (1983) et Les Fugitifs (1986).

Pierre Richard monte sur scène en 2003 pour son premier one-man show, Détournement de mémoires au Théâtre du Rond-Point et joue la même année dans le film Mariées mais pas trop (Catherine Corsini). En 2005, le comédien est à l’affiche du drame En attendant le déluge (Damien Odoul). Il retourne à la comédie un an plus tard dans Le Cactus (Gérard Bitton — Michel Munz). Le début de l’année 2006 sera marqué pour Pierre Richard par le César d’honneur qui lui a été décerné pour l’ensemble de sa carrière par l’Académie des arts et techniques du cinéma. C’est également l’année où on le retrouve sur scène dans la pièce Pierre & Fils où il donne la réplique à Pierre Palmade. Il apparaît ensuite au cinéma dans les films de Pierre-François Martin-Laval Essaye-moi avec Isabelle Nanty et King Guillaume, au théâtre dans Franchise postale, de nouveau seul en scène. Aussi bien à l’affiche du populaire Faubourg 36 (Christophe Barratier) que du sombre Le Serpent (Eric Barbier).

Jonglant entre le théâtre et le cinéma, il entame une nouvelle décennie au grand écran dans le film de Stéphane Robelin Et si on vivait tous ensemble, avec Jane Fonda et Guy Bedos.

 

Le spectacle

C’est lui… le grand blond avec une chaussure noire…

Éternel maladroit, faux distrait, tendre pitre, Pierre Richard est un type à la mer qui livre sur scène sa vie d’artiste et ses regrets d’homme. Avec son metteur en scène et complice Christophe Duthuron, le réalisateur, poète et comédien se livre depuis près de dix ans dans des solos autobiographiques : Détournement de mémoires (au Rond-Point en 2003) ou Franchise postale, deux solos d’aveux, souvenirs, courriers savoureux et réflexions philosophiques. Il débute au TNP chez Vilar, il lui arrive de quitter la scène en rampant, loupant une sortie, et de se heurter aux pieds du colosse Alain Cuny. Pierre Richard se souvient, ébloui, émerveillé, effondré. Chutes et ascensions, il lui est arrivé de s’imaginer en Don Quichotte pour finir en âne de Sancho Panza. Mélancolique ou fulminant, il surfe sur des vagues de mémoires, tsunamis de drôleries et lames de grands fonds. Seul en scène, il joue tout, comédies et tragédies des vies agitées. Les récits des tournages, des tournées, des débuts et des ratés, traversées du désert et montées vers les cimes. Tout tient le public captif et en haleine, au bord des larmes, entre deux rires.

Orfèvre de la comédie, figure unique de la scène et du cinéma, grand clown blond et lunaire pantin, Pierre Richard incarne depuis Le Jouet, Le Grand Blond avec une chaussure noire ou Le Distrait le poète dégingandé perdu dans un monde cynique aux calculs froids. Lui, frère de Keaton, Tati ou Chaplin, illumine d’une présence joyeuse les paysages âpres des bureaucrates, vendeurs d’armes, publicitaires ou patrons sans folie. Authentique et inventé, ce troisième solo puise son matériau dans des extraits de films, projetés, rejoués, commentés, détournés. Équilibriste, il danse entre les images du passé, peuplées de camarades croisés, et ses souvenirs d’aujourd’hui. Il raconte les rencontres, les accidents, les rêveries, les cauchemars.

Et le temps qui reste, dont il faut profiter en urgence. À quatre-vingt-deux ans, Pierre Richard joue les funambules entre sa fantaisie pure et la vérité dévoilée. Il livre mille aventures au gré des caprices de la mémoire. Tout un parcours et une œuvre, ça, créé de la poésie depuis du vrai.

Infos pratiques

Théâtre : Pierre Richard III

Compagnie du Caméléon

Samedi 15 octobre 2016 – 19h30

Vendredi 21 et samedi 22 octobre 2016 – 19h30

Billets à partir de 2 500 Fcfp

En vente dans les magasins Carrefour, à radio 1 et sur www.radio1.pf

Renseignements au 40 434 100 / 87 31 40 40

Grand Théâtre