Réalité virtuelle, le champ de tous les possibles

Un atelier professionnel sur la réalité virtuelle a été proposé mercredi matin. Aux commandes : Alex Lee. Au programme : comment la VR (virtual Reality) a-t-elle changé l’industrie du film ? Comment faire de la VR ? Comment la produire ? Et demain, comment gagner de l’argent dans le secteur ?

Demain c’est déjà aujourd’hui. « Tous les jours on se lève avec une nouveauté dans le secteur de la high tech. Il faut vivre avec son temps, être au point sur les nouveautés, se tenir à jour pour profiter des nombreuses opportunités », indique Alex Lee, spécialiste de la réalité virtuelle (VR). Pour lui, ce secteur est en pleine expansion et la Polynésie française et donc les Polynésiens ont tout intérêt à prendre le train en marche. Car le fenua est un terrain de jeu, il offre tous les ingrédients pour offrir des réalisations en VR que le reste du monde attend. « En Océanie en général et en Polynésie en particulier, il y a plein de choses à partager qu’ailleurs on ne soupçonne même pas. »

Des formations nécessaires

Ce mercredi matin, face à Alex Lee, se trouve notamment Benoît Tarahu, producteur et réalisateur. « Je m’intéresse à cette nouvelle technologie pour voir s’il est possible de faciliter les tournages. Aujourd’hui on doit sortir avec les caméras, le son, l’éclairage… J’ai cru comprendre que pour tourner des films en VR une caméra suffit. Voilà pourquoi je m’inscris. » Après quatre heures d’échange, Benoît Tarahu a la réponse à sa question : « en effet, une caméra suffit, mais il faut maîtriser. J’ai vu que certaines d’entre elles ont 24 lentilles ! Des formations sont nécessaires. »

En plus des réponses obtenues, les participants à l’atelier ont découvert plus qu’un secteur, ils sont entrés dans un nouveau monde. Ils ont pu tester les masques VR apportés par Alex Lee. « C’est une sensation vraiment très étrange. Tu es complètement déconnecté avec la réalité. »

Bouleversement de l’audiovisuel

La réalité virtuelle est en train de changer en profondeur le secteur de l’audiovisuel. « Je prends pour exemple le festival du film de Sundance aux États-Unis au cours duquel de très nombreux films sont vendus. On s’arrachait l’exclusivité des droits de longs-métrage jusqu’à la dernière édition. Pour la première fois cette année, ce sont deux films de réalité virtuelle qui ont fait les plus gros chiffres. Un documentaire de quinze minutes sur le soufisme, Zikr : a sufi revival, s’est notamment vendu à plus de 10 millions de dollars. »

Alex Lee garantit que la demande existe et qu’elle est de plus en plus forte. « Tout le monde veut du contenu en VR, on a la technologie, il manque les films. Toutes les grandes chaînes comme la BBC, CNN ont des divisions VR maintenant. La réalité virtuelle s’invite partout, les galeries, les musées, les gouvernements sont autant de clients potentiels. »

Mais encore faut-il que les réalisateurs s’y intéressent. « Le tournage en VR a des codes et contraintes propres, on s’adresse à un public qui vit une expérience solitaire, il faut donc s’interroger sur l’expérience que l’on veut proposer, il faut donner des clés à ce spectateur pour que l’histoire soit cohérente car il voit tout comme s’il y était, il faut le guider avec des sons particuliers par exemple pour orienter son regard… » La technologie existe, elle évolue au quotidien, elle est aussi de mieux en mieux maîtrisée et devient de plus en plus accessible. « Voyons maintenant comment faire pour que les techniques de scénarisation suivent au même rythme. »

À la sortie de l’atelier, Benoît Tarahu est convaincu. « Mais en plus de la formation, il faut des fonds pour pouvoir investir. C’est pas donné. »

FIFO / Delphine Barrais