FIFO 2014 – Micro trottoir des festivaliers : L’émotion est au rendez vous !

Le hall de la cafétaria du FIFO est «la» place centrale du festival. Le public, jeune et moins jeune, s’y retrouve pour parler films, manger entre amis ou tout simplement se reposer les jambes. Certains d’entre eux ont la tête plongée dans le livret de la programmation. «On essaye d’organiser nos journées selon les films que l’on veut voir. Notre planning est chargé mais on est content d’être là». Céline, une enseignante qui vient d’arriver avec son compagnon sur Tahiti après avoir vécu six ans à Rurutu dans les Australes, participe à son premier FIFO. «J’ai été très touchée par l’histoire de ce maori bipolaire qui lutte contre sa maladie par le sport. C’est vraiment un beau film. On fait beaucoup de découverte grâce au FIFO». Non loin de Céline, trois personnes déjeunent à table. Au menu, steack frites… «On se rassassie avant de commencer notre marathon», s’amuse Viri, 43 ans, directeur du Centre des Métiers d’Art de la Polynésie. Venu avec ses élèves qui, croquis à la main, errent un peu partout dans les halls de la Maison de la Culture, cet amoureux du FIFO passe ses journées dans les salles de projections. Son coup de cœur cette année? Papous, entre deux mondes. «Ce film montre la tragédie qui se joue entre une société qui court vers la richesse et un peuple à la recherche de ses propres valeurs. En tant que Polynésien, ça me parle». Déçu, Viri l’a été, aussi, lorsqu’il a appris que Bobby n’était pas l’auteur de l’une de ses chansons phares : «My Island Home». «C’est en regardant l’excellent Big Name no Blanket que j’ai su que cette chanson avait été écrite par le groupe Warumpi Band». Mahory, 22 ans, et son cousin Hawaien, 33 ans, tout deux assis face au Paepae, dégustent leurs dernières frites avant de se pencher sur le programme de l’après-midi. «Au départ, on était juste venus participer à l’atelier Go Pro. L’ambiance nous a tellement plu qu’on a décidé de revenir pour voir les projections». Totalement séduits par l’atelier Go Pro de mardi, les deux compères ont décidé de s’en offrir une dès la fin du festival. «Histoire de nous filmer lors de nos sessions surf», s’amuse Mahory. Sur un banc, près du petit théâtre où se déroule la projection de Soul in The Sea en présence des membres du jury, on retrouve les étudiants en art de Viri, le directeur du centre. Patu, habillé de tatouages polynésiens, dessine tout ce qu’il voit. «Ce qui m’intéresse, c’est de montrer toutes les personnes qui travaillent dans ce festival, celle qui s’occupe des poubelles comme celle qui organise l’événement ». Ce grand gaillard de 27 ans a été bouleversé par la poésie du court-métrage Mou Piri, titre qui reprend celui d’une chanson. «C’est en fait une invitation à la danse, le geste est très important. C’était vraiment magnifique». Ca y est… La projection de Soul in The Sea se termine, les portes du petit théâtre s’ouvrent, les visages sont tristes, certains essuient leurs larmes discrètement. «Â Ce film m’a vraiment émue, confie Christina d’une voix si douce qu’elle en est presque imperceptible, J’ai été touchée par le lien entre l’animal et la tradition maori. Chez nous Polynésiens, l’animal fait parti de notre famille». Encore bouleversée par ce qu’elle vient de voir, Christina se dit que cette édition du FIFO risque d’être, encore une fois, pleine d’émotion!

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