Holcomb Bobby – Te fare metua

Te-Fare-Metua---Bobby-Holcomb

« Te fare metua »

Bobby Holcomb

Juin 1986

Type : acrylique

Dimensions : 0,76 x 0,62 m

 

 

Bobby Holcomb est, par essence, un homme du monde : noir américain par son père, portugais et polynésien par sa mère, il est né le 25 septembre 1947 dans les ruines de Pearl Harbour. Très tôt, il part à la découverte du monde : les États-Unis, l’Inde, le Népal, la Grèce, la France et enfin la Polynésie l’accueillent.

Dès son arrivée, en 1976, il s’installe à Huahine. Lui qui a côtoyé Salvador Dali, Franck Zappa, Quincy Jones, arpenté Hollywood, participé à la comédie musicale Hair, le voici désormais en pareu et pieds nus, une éternelle couronne de fleurs sur la tête, enfin chez lui. Sa créativité va pleinement s’épanouir pendant ses années en Polynésie, et son travail va appuyer et permettre une importante évolution de la culture locale.

Paradoxalement, Bobby était peu connu pour son œuvre picturale. Elle n’en constitue pas moins un fonds rarissime : ce sont les seules illustrations de bien des légendes polynésiennes. Ses sujets, mythologiques ou historiques, l’équilibre de la construction frappent par leur perfection. On reste séduit par la chaleur des couleurs, la simplicité du support (papier kraft, papier de riz…), l’excès des formes, les sujets.

L’image d’un univers équilibré et jeune transparaît. C’est aussi l’expression de son monde intime, car la peinture est pour lui un mode d’expression introspectif. La grandeur de son objectif attire l’attention : comme Gauguin et Segalen avant lui, il veut « montrer une autre façon de peindre la Polynésie. Une façon polynésienne. »

Personnage du paradoxe, homme médiatique et pourtant connu pour sa simplicité, renommé pour ses chansons mais vivant de sa peinture, Bobby aura profondément marqué les Polynésiens. Conscient de son rôle en Polynésie et de celui de l’artiste dans le monde, il disait qu’il s’agissait de « vivre avec dignité et d’intégrer l’Art à notre vie quotidienne. »

Après cette rapide rétrospective, on ne peut plus qu’adopter pour lui les mots d’un ami de Jacques Brel lors de sa disparition : « il n’est pas mort, il repose simplement sur son île polynésienne qui l’avait adopté. » Cet Hommage à Bobby, s’il était besoin, est la preuve de son éternité.