13ème FIFO :Une indispensable fenêtre sur l’Océanie

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 Le 13ème FIFO est officiellement ouvert. Ce mardi matin, la cérémonie d’ouverture s’est déroulée sur le paepae de la Maison de la Culture. Politiques, présidents de l’AFIFO et du jury, représentants de France Télévisions, Haut-commissaire… Chacun a pris la parole pour lancer cette nouvelle édition.

« Tout le gouvernement est là, vous voulez nous impressionner c’est ça? ». L’emblématique président de l’AFIFO, Wallès Kotra, a toujours le mot pour faire rire et détendre l’atmosphère parfois trop officielle. Debout devant sa tribune, le Calédonien profite de tenir le micro pour remercier les partenaires publics mais aussi privés du festival, les remercier d’avoir permis au FIFO de parcourir tout ce chemin. Homme sensible, le président de l’AFIFO n’a pas oublié d’avoir non plus une pensée pour « ces Australiens détenus au Burkina Faso », avant de laisser le micro au président du jury, Abderrahmane Sissako.

Préserver son identité et sa culture 

« Mon histoire avec le FIFO commence lorsque j’ai entendu les mots du ministre Heremoana Maamaatuaiahutapu au quai Branly ». Le réalisateur mauritanien se rappelle très bien des mots simples du ministre lorsqu’il s’est mis à parler de son peuple et de sa culture. Abderrahmane remercie le Ministre de la Culture de l’avoir tant ému, touché. « J’ai ressenti la même chose lorsque je suis arrivée, j’ai eu un accueil magique ». Même s’il est difficile de percevoir une réaction vive chez cet homme si discret et humble, le public peut sentir l’émotion qui semble l’envahir depuis qu’il a mis les pieds sur le fenua. « Il est important pour un Africain de venir ici, il est important pour lui comme pour vous de continuer à se battre pour la préservation de son identité et de sa culture ». Abderrahmane Sissako revient aussi sur l’importance du documentaire, l’importance de mettre en valeur le combat quotidien des gens pour des cultures, des traditions en perdition. L’assemblée applaudit…

Miroir de l’Océanie

Mais au FIFO, il n’est pas seulement question de culture mais aussi d’avenir. Michel Kops, le représentant de la nouvelle directrice de France Télévisions, rappelle l’arrivée imminente de la révolution numérique, il rappelle l’importance pour le FIFO de s’ancrer dans cette dynamique.« Aujourd’hui, le festival est arrivé à l’âge de l’adolescence, il va grandir encore. On doit trouver le langage mais aussi le moyen d’aider et supporter ce qu’il va devenir ». Au tour désormais du Président du Pays d’apporter son mot à cette cérémonie d’ouverture. Comme il l’a déjà fait lors de la COP 21 à Paris, Edouard Fritch réitère l’importance pour le peuple océanien de s’unir. « Nous devons partager nos expériences, nous devons aussi montrer que l’Océanie existe et qu’elle compte se faire entendre aux yeux du reste du monde ! ». Pour le chef du gouvernement, la communication passe par l’image, et le FIFO est à ce titre un véritable miroir de l’Océanie. « Le festival rend visible cette région du monde, il permet aux Océaniens de parler de leur pays avec leurs mots. ».

L’importance de l’éducation

Le professionnalisme et l’éducation sont aussi au cœur du FIFO. « Les festivaliers sont ici pour défendre leurs films mais également échanger, débattre et apprendre. C’est la clé du succès du FIFO » affirme Edouard Fritch. Le représentant de l’Etat, Lionel Beffre, qui prend à son tour place devant la tribune, met quant à lui un point d’orgue sur l’aspect pédagogique et le rôle de transmission de l’événement. « Le festival nous éclaire sur l’histoire, la culture, l’environnement…On y traite de thèmes forts, et on les partage avec les différentes générations ». Après avoir cité sans erreur le nom pourtant complexe du Ministre de la Culture et de l’Environnement, Heremoana Maamaatuaiahutapu, ce pour quoi il a d’ailleurs été félicité, le Haut-Commissaire a souligné la nécessité de pérenniser les journées dédiées aux scolaires et les ateliers afin d’échanger et transmettre aux jeunes générations la richesse du peuple océanien et de son environnement.