5 minutes pour convaincre – Bienvenue à l’Oceania Pitch

Pour sa troisième édition, la tournure de l’Oceania Pitch a gagné en importance. Trois coachs pour former les pitcheurs durant toute la semaine, des dizaines de diffuseurs de la région en plus lors de la session Pitch, et une sélection de projets à l’image de l’Océanie, touchants et remplis d’énergie.

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Jeudi 9 février : les pitcheurs sont réunis ce matin pour leur dernier exercice de présentation devant les coachs avant le moment fatidique… Nunë Luepack et Sylvain Derne, les plus jeunes de l’atelier, rentrent en scène. Ils ont 5 minutes pour convaincre. Leur documentaire, « Imulal », entend questionner la jeunesse calédonienne partie se former en métropole sur leurs motivations, leurs espoirs et les projets qu’ils façonnent pour le futur de leur pays. C’est donc aussi leur histoire et leur avenir commun. On les sent habité par leur projet, mais les coachs ne ratent rien de ce qui pourrait leur permettre d’être encore meilleur : « regardez-nous davantage, prenez votre temps, et surtout, prenez du plaisir, leur conseille Olivier Stroh, directeur des chaînes Découverte du groupe Canal +. Le pitch est un match amical donc pas de stress ! » Laurence Hamelin, conseillère de programmes pour la Case Découverte de France 5, poursuit « J’adore votre duo, faites-vous confiance ! Votre message à suffisamment de force pour passer, n’essayez pas de tout dire, il faut rester fluide. » Nunë et Sylvain écoutent, posent des questions, se concertent. « C’est notre premier pitch, les conseils des coach sont primordiaux et nous ont permis d’énormément progresser. On connaît notre sujet par cœur, mais eux nous apprennent à prendre du recul et à rester simple pour mieux partager. » C’est au tour de Caroline Marie, avec « Motu Haka », de commencer sa présentation. La journaliste s’interroge notamment sur la façon dont, à l’aune du projet d’inscription de l’archipel marquisien à l’UNESCO, les populations jeunes et moins jeunes voient leur culture et l’avenir de celle-ci. « Tu devrais essayer de rester plus naturelle et d’aller chercher l’attention de ceux qui t’écoutent, lui dit Olivier Stroh. Rappelle toi que ce n’est pas un examen, mais une rencontre ! » Caroline, qui était hésitante au sujet du « bien-fondé » de son film au début de la semaine, n’a à l’heure actuelle plus aucun doute. Cette formation lui a donné des clés et des astuces pour poser son projet. A la fin de la matinée, tous les pitcheurs sont passés. Ils n’ont plus que quelques heures pour peaufiner les derniers détails de présentation mais aussi se reposer un peu.

Nicolas Zunino, producteur et coach déjà présent l’an dernier, confie : « 2012 est un très bon cru de projets. Je pense que bon nombre d’entre eux auront la chance d’aboutir. On sent l’évolution de l’Oceania Pitch à la fois dans les moyens, l’exigence et la qualité des projets ». « Tous les projets ne sont pas du même niveau, explique Cathy Marconnet, organisatrice du Pitch et pitcheuse, mais tous les pitcheurs ont la même implication. C’est ça, je crois, qui est intéressant pour l’Océanie, cette variété d’expressions et de regards qui rejoint véritablement l’idéologie du FIFO ».

 

A l’heure du grand oral…

 

Il y a du monde sous le grand chapiteau, un soleil de plomb et du trac dans l’air. La quarantaine de diffuseurs présents, s’installe : ils viennent d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de France, d’Hawaii, de Nouvelle-Calédonie, de Tahiti, etc., pour écouter et peut-être – c’est le but – s’intéresser de plus près au film des pitcheurs. Chaque année, le public répond lui aussi présent à ce rendez-vous, curieux d’assister à la naissance de ces films qui débutent par une petite histoire que l’on a envie de raconter. Comme par exemple, celle, extraordinaire, d’un cirque unique et magique, celui de Samoa, qui fait le tour du Pacifique depuis 20 ans ; ou encore l’aventure incroyable d’une évasion qui l’est tout autant, celle de prisonniers politiques français, qui, au début de 19ème, sont parvenus à rejoindre l’Australie depuis l’île de Nou (Nouvelle-Calédonie) où ils étaient prisonniers.Il y a encore la grande épopée du tatouage tahitien, celle de Gaston Méliès, dont le réalisateur a retrouvé à travers le monde certains films que l’on croyait disparus, et qui nous dévoilent, entre autres, les toutes premières images filmées de Tahiti en 1912 !

L’an dernier, trois pitcheurs ont vu leur projet signé par une chaîne. On en n’attend pas moins pour cette édition 2012…

 

I.B